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Les Jeudis du BIO

Interregna - A la claire Fontaine - Urbi et ubique

Les films de Pilson montrent des bureaux new-yorkais en dehors des heures de travail, ce qui souligne leur nature froide et impersonnelle. C’est dans ces espaces anonymes que ses personnages s’adonnent à des activités qui sont habituellement de l’ordre de l’intime. Telle une caméra de surveillance, l’oeil de Pilson capte des agissements totalement décalés.

John Pilson, artiste né à New York en 1968, qui vit et travaille à New York est issu d’une pratique photographique.

Il réalise depuis quelques années des vidéos pour lesquelles il crée un univers visuel qui prend pour point de départ l’observation du monde du travail dans les locaux neutres et aseptisés de grands bureaux new-yorkais. Il s’intéresse particulièrement aux interstices, aux lieux tampons tels que les couloirs, les salles de bains ou encore les ascenseurs, espaces de transit et vecteurs d’une certaine intimité. Pilson y met en scène de petits "événements" ou "actions" qui se déroulent en fin de journée, la nuit ou le week-end, lorsque les représentants du pouvoir sont absents.
Les événements mis en scène dans sa vidéo «St. Denis» (2003) s’inspirent aussi bien du passé (hôtel prestigieux) que du présent (antiquaires, bureaux, instituts de massage…) de ce bâtiment new-yorkais construit dans les années 1860 et qui a abrité des personnages aussi célèbres qu’Abraham Lincoln et Marcel Duchamp. Le film de Pilson s’intéresse aux transitions et contrastes entre la rue et les couloirs, entre une façade extérieure 19ème et l’aménagement intérieur hérité du 20ème siècle