Description du projet

CINÉ OPÉRAS

Pour cette saison 2020-2021, nous avons changé de partenaire afin de proposer des contenus plus contemporains, tous droit sortis des opéras nationaux de Paris . Les séances auront lieu une à deux fois par mois les dimanches et/ou les jeudis et seront parfois en direct.

Jules Massenet – MANON (Opéra Bastille, Paris)

10 septembre 2020 à 19h

Mise en scène de Vincent Huguet
Direction orchestrale de Dan Ettinger

Avec Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Ludovic Tézier, …

Lorsque l’abbé Prévost signe en 1731 L’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut – qui inspirera à Massenet sa Manon – c’est le tableau d’une époque qu’il nous livre : celle de la Régence, qui voit la vieille société s’éteindre tandis qu’une nouvelle semble naître, pleine de la promesse d’une liberté nouvelle. C’est entre ces mondes qu’évolue Manon, fuyant le couvent pour embrasser les chemins du désir et de la transgression, et se jeter à corps perdu dans une passion brûlante et autodestructrice avec des Grieux. Une parenthèse s’ouvre, qui se refermera dans la douleur et dans la nuit. Le metteur en scène Vincent Huguet s’affranchit du taffetas historique de l’oeuvre pour en faire ressurgir toute la violence.

VFSTENG 3h50′

Giuseppe Verdi – LA TRAVIATA ( Palais Garnier, Paris)

18 Octobre 2020 à 10h

Mise en scène de Simon Stone
Direction orchestrale de Michele Mariotti

Avec Pretty Yende, Catherine Trottmann, Marion Lebègue, …

En ouvrant son opéra par un prélude pour cordes d’une économie de moyens inédite, Verdi affirmait en 1853 sa volonté de bousculer les conventions et les normes. Là n’est pas la moindre des radicalités de son œuvre : sa « Traviata » met implacablement à nu la violence d’une société qui prône la jouissance matérielle et finit par sacrifier une innocente victime sur l’autel de la morale bourgeoise. Simon Stone aime travailler au corps à corps les pièces du répertoire pour les entraîner vers des territoires plus intimes. Ce metteur en scène, qui compte parmi les plus remarqués au théâtre aujourd’hui, fait ses débuts très attendus à l’Opéra national de Paris.

VOSTFR (Italien) 3h00′

Dmitri Shostakovich – LADY MACBETH DE MZENSK (Opéra Bastille, Paris)

15 Novembre 2020 à 10h

Mise en scène de Krzysztof Warlikowski
Direction orchestrale de Ingo Metzmacher

Avec Dmitry Ulyanov, John Daszak, Aušrinė Stundytė, …

Du projet initial de Chostakovitch – consacrer une trilogie aux destins tragiques de femmes russes à travers les âges – ne demeura qu’un opéra coup-de-poing : Lady Macbeth de Mzensk. S’il est l’un des puissants ressorts de l’oeuvre, l’intertexte shakespearien est ici bien amer : contrairement à Lady Macbeth, Katerina Ismailova – qui, dans la Russie profonde du XIXe siècle, tombe amoureuse d’un employé de son mari et sera finalement acculée au suicide – est moins manipulatrice que victime d’une société violente et patriarcale. Krzysztof Warlikowski libère aujourd’hui la force de subversion de cette œuvre brûlante et scandaleuse, qui a marqué les premières années de l’Opéra Bastille.

VOSTFR (Russe) 3h38′

Georges Bizet – CARMEN (Opéra Bastille, Paris)

20 décembre 2020 à 10h

Mise en scène de Calixto Bieito
Direction orchestrale de Sir Mark Elder

Avec Elīna Garanča, Roberto Alagna, Maria Agresta, …

« Jamais Carmen ne cèdera, libre elle est née, libre elle mourra », lance l’héroïne de Bizet à Don José à la fin de l’opéra. Cette irrépressible liberté, couplée à la nécessité de vivre toujours plus intensément sur le fil du rasoir, la mise en scène de Calixto Bieito en rend compte comme nulle autre. Du personnage de Mérimée, Carmen conserve chez Bieito les contours profondément ibériques et le tempérament brûlant de celle qui vit de petits trafics. Mais l’oiseau rebelle est foncièrement de notre époque. Vamp aguicheuse et insoumise, témoin de la brutalité masculine et sociétale, elle roule à grande vitesse, pressée d’exister.

VFSTENG 2h47′

Wolfgang Amadeus Mozart – DON GIOVANNI (Palais Garnier, Paris)

10 janvier 2021 à 10h

Mise en scène de Ivo Van Hove
Direction orchestrale de Philippe Jordan

Avec Jacquelyn Wagner, Étienne Dupuis, Ain Anger, …

Quel est ce feu qui pousse Don Giovanni à séduire, à soumettre, à conquérir les femmes une à une, avec la fièvre et la froideur du prédateur ferrant sa proie, à poursuivre à travers elles un obscur objet qui toujours se dérobe à lui ? Pour sa deuxième collaboration avec Da Ponte, Mozart devait marquer au fer rouge l’histoire de l’opéra et hanter à jamais la culture européenne. Kierkegaard nous invitait à écouter dans ce Dissolu puni « le chuchotement de la tentation, le tourbillon de la séduction, le silence de l’instant ». Le cycle Mozart-Da Ponte se poursuit avec Don Giovanni confié à Ivo Van Hove. Habitué à interroger le sens politique des oeuvres, le metteur en scène réalise, après Boris Godounov, sa deuxième mise en scène pour l’Opéra de Paris.

VOSTFR (Italien) 3h30′

Giuseppe Verdi – AIDA (Opéra Bastille, Paris)

18 & 21 février à 19h – LIVE

Mise en scène de Lotte de Beer
Direction orchestrale de Michele Mariotti

Avec Soloman Howard, Elīna Garanča, Sondra Radvanovsky, …

Créé à l’Opéra du Caire en 1871 pour célébrer l’ouverture du Canal de Suez, Aida nous plonge dans le fantasme d’une Antiquité reconstituée. Au cœur de l’intrigue, un choix impossible entre l’amour et le devoir patriotique : une princesse éthiopienne captive et un militaire égyptien trahissent leur peuple et défient une puissante rivale, s’unissant jusqu’à la mort. Marquée par le contraste entre un spectacle démesuré et la transition vers une dramaturgie de l’intimité, la partition de Verdi réussit à distinguer le drame intérieur de ses protagonistes de l’imposant cadre historique. L’œuvre réunit les thématiques chères au compositeur : la nostalgie de la patrie perdue, la délivrance par la mort, l’opposition entre un présent décevant et un ailleurs idéalisé, le poids des pouvoirs religieux et politiques, éléments régulateurs d’un monde conçu comme un piège. La metteure en scène hollandaise Lotte de Beer, pour ses débuts à l’Opéra national de Paris, choisit de porter un regard critique sur la représentation européenne des peuples colonisés, nous incitant à repenser notre rapport aux productions esthétiques du passé et du présent.

VOSTFR (Italien) 3h05′

Charles Gounod – FAUST (Opéra Bastille, Paris)

25 & 28 mars 2021 à 19h – LIVE

Mise en scène de Tobias Kratzer
Direction orchestrale de Lorenzo Viotti

Avec Benjamin Bernheim, Ildar Abdrazakov, Florian Sempey, …

Je veux un trésor, qui les contient tous ! Je veux la jeunesse ! Frustré par la quête futile du savoir, le vieux savant Faust vend son âme au diable en échange de la jeunesse éternelle et de la belle Marguerite… Gounod retravaille le mythe popularisé par Goethe pour s’attacher à l’histoire d’amour et magnifie la chute et le salut final de Marguerite. Son choix d’alléger la portée philosophique du récit lui permet de trouver un équilibre entre les scènes où le surnaturel fait appel au grand spectacle et un univers réglé par l’intériorité de l’action et des sentiments. La partition de Gounod est un tour de force d’invention mélodique, révélant dans l’écriture vocale l’art du compositeur à transmettre une émotion sincère et immédiate. Pour ses débuts à l’Opéra national de Paris, le metteur en scène allemand Tobias Kratzer livre une réflexion sur l’obsession pour la jeunesse éternelle de la société contemporaine. Grâce à un dispositif scénique élaboré, sa mise en scène oscille entre hyperréalisme et magie, entre le monde d’aujourd’hui et l’atmosphère mystérieuse du romantisme allemand.

VOSTENF 3h40′

Wolfgang Amadeus Mozart – LE PARC (Palais Garnier, Paris)

15 avril 2021 à 19h – LIVE

Ballet de Angelin Preljocaj
Direction orchestrale de Benjamin Shwartz

Avec Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris

Dans cette pièce conçue pour le Ballet de l’Opéra en 1994, le chorégraphe Angelin Preljocaj réussit un subtil équilibre entre souffle classique, porté par la musique de Mozart, et modernité de son langage chorégraphique. Les décors ciselés évoquent l’élégance et la délicatesse des jardins « à la française » et les costumes s’inspirent de ceux du siècle des Lumières. Évoluant au gré d’une carte imaginaire du Tendre, guidés par d’étranges jardiniers, les danseurs s’éveillent à l’amour, de la rencontre aux jeux de séduction, de la timidité à l’attirance, de la résistance à la douceur de l’abandon dans l’envol d’un sublime pas de deux. Aujourd’hui encore, cette œuvre intemporelle interroge le cheminement des sentiments et explore les codes amoureux.

1h40′

Maurice Jarre – NOTRE-DAME DE PARIS (Opéra Bastille, Paris)

27 avril et 2 mai 2021 à 19h – LIVE

Ballet de Roland Petit
Direction orchestrale de Jean-François Verdier

Avec Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris

Première pièce de Roland Petit créée pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 1965, Notre-Dame de Paris réunit tous les ingrédients du grand spectacle. Le ballet s’inspire du chef-d’œuvre de Victor Hugo, avec ses personnages hauts en couleur : la belle Esmeralda, l’attachant Quasimodo, le machiavélique Frollo et le cynique Phoebus. Yves Saint Laurent signe des costumes colorés et graphiques dans les décors du peintre René Allio qui restituent la splendeur de la cathédrale parisienne. La chorégraphie traduit toute la force expressive de ces personnages confrontés à une histoire d’amour et de mort, entourés de l’ensemble du Corps de Ballet. À l’occasion du dixième anniversaire de la disparition du chorégraphe, la Compagnie redonne vie à cette magnifique fresque dansante, sur la scène de l’Opéra Bastille.

1h50′

Piotr Ilitch Tchaikovski – LA DAME DE PIQUE (Palais Garnier, Paris)

3 et 6 juin 2021 à 19h – LIVE

Mise en scène de Dmitri Tcherniakov
Direction orchestrale de Daniel Barenboim

Avec Brandon Jovanovich, Violeta Urmana, John Lundgren, …

« Deux obsessions ne peuvent pas exister dans le même esprit, comme deux corps dans le même espace », écrit Pouchkine dans sa nouvelle La Dame de pique en 1834. Le jeune Hermann, avide d’ascension sociale, sacrifie son amour pour Lisa, obsédé par une formule magique détenue par une vieille Comtesse qui lui permettrait de gagner aux cartes. Ayant causé sa mort, il périra, trompé par le fantôme de sa victime. L’opéra qu’en fit Tchaikovski en 1890 dresse un portrait amer de la génération des dernières années de la Russie tsariste, dissimulé sous les traits d’une représentation animée du règne de Catherine II. Les rues, les rives et les bals de Saint-Pétersbourg émergent d’une partition qui cherche délibérément à restituer les formes musicales du XVIIIe siècle, ne sacrifiant pourtant rien à ce lyrisme fervent qui distingue l’écriture de Tchaïkovski. Pour sa nouvelle collaboration avec l’institution, le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov poursuit l’exploration du grand répertoire de son pays natal, avec l’un des chefs-d’œuvre lyriques du plus européen des compositeurs russes.

VOSTFR (Russe) 3h25′